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FO Nord Est

Le Blog du Syndicat F.O des Employés et Cadres du Credit Agricole du Nord-Est

Editorial de Serge LEGAGNOA, Secrétaire de la FEC-FO, mars 2013

LE SOCIAL : SEULE VARIABLE D'AJUSTEMENT !

 

 

L’accord de flexibilité signé en janvier entre le patronat français et la CFDT, la CFTC et la CGC entérine un dogme idéologique : le social coûte !


Nous savons depuis longtemps que la pratique de nombreuses entreprises consiste à tailler dans les coûts salariaux pour dégager encore plus de profit au seul bénéfice des actionnaires. Pratique poussée parfois à son extrême car aboutissant au dépecage d’entreprises pour le plus grand profit de fonds spéculatifs.
 

 

Ces pratiques sont non seulement acceptées mais maintenant "théorisées" par des organisations se présentant comme défendant les salariés tant sur le plan collectif qu’individuel. La collaboration prend ici tout son sens !
 

 

Car cet accord du 11 janvier est destiné essentiellement à permettre un allègement du coût du travail sans contrepartie et sans garantie.
 

 

Cet accord organise la régression des droits, mais il est aussi à mettre en lien avec la politique économique menée au plan européen et acceptée par le gouvernement français.
Nous connaissions la rigueur, nous voici soumis à l’austérité !
 

 

La règle des 3 % maximum de déficit public du produit intérieur brut restant la vierge intouchable de toutes les Bernadette Soubiroux européennes, les gouvernements continuent à appliquer des mesures de rigueur puis d’austérité destinées à respecter ce dogme inébranlable.
 

 

Pourtant, la réalité est là : tous les pays européens appliquant avec zèle et célérité ces politiques depuis des années continuent à s’enfoncer : la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal ; même la Grande-Bretagne voit sa bonne note dégradée.
 

 

Notre pays n’échappe pas à cela. Non seulement, il ne respecte pas ces 3 %, mais les perspectives pour 2013 seraient de 3,7 % de déficit.
 

 

Alors, on en remet une couche sous la pression du gouvernement allemand et avec la collaboration du gouvernement britannique. Nouveau tour de vis budgétaire avec, à la clé, de nouvelles mesures d'austérité.
 

 

Et pourtant, l’ensemble du continent européen est soumis à la récession. Les pays du Nord de l’Europe, tout comme l’Allemagne, en souffrent également.
 

 

La croissance européenne a enregistré, au quatrième trimestre 2012, la plus forte baisse depuis 1995. Elle est aussi importante qu’après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.
 

 

Sachant que le pacte budgétaire européen qui vient d’être adopté et au passage défendu par le gouvernement français, prévoit un taux de 0,5 % du PIB au 1er janvier 2018 ; c’est toute la logique de relance de la croissance qui est tuée ni plus, ni moins.
 

 

Cela montre aussi que la spirale de l’austérité destructrice des économies européennes n’est pas prête de s’arrêter, bien au contraire ; et cela au nom d’un dogme de plus en plus décrié : la rigueur budgétaire à tout crin et coûte que coûte.
 

 

Le gouvernement français ayant décidé de ne pas remettre en cause ces mesures, mais au contraire de les appliquer au plus vite, démontre que la rigueur ne peut faire place qu’à l’austérité sociale.
 

 

Les services publiques continuent d’être "saignés" comme jamais, mettant en péril les contrôles sanitaires et le fonctionnement de l’hôpital public, pour ne citer que ces deux exemples.
 

 

Mais, on atteint "l’os" et il devient difficile d’aller plus avant. Reste à toucher aux prestations sociales, au travers d’une réforme annoncée des allocations familiales. Puis de planter le décor d’une énième réforme (contre-réforme) des retraites, d’annoncer la mise à plat de la formation professionnelle et de lancer une grande réforme de la santé et de la dépendance. La boucle est bouclée, le décor planté.
 

 

Nous savons dès à présent où seront appliquées les mesures d’austérité : sur le social et uniquement sur le social.
 

 

Comme elle vient de le montrer ce 5 mars, Force Ouvrière ne laissera pas faire et se battra encore et toujours contre l’injustice, contre l’austérité, contre la précarité et la flexibilité, mais en faveur de l’égalité républicaine et de la République sociale.

 

 

 

Serge LEGAGNOA
Secrétaire général

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