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FO Nord Est

Le Blog du Syndicat F.O des Employés et Cadres du Credit Agricole du Nord-Est

Revue de presse du 2 octobre 2012

Les Echos

 

 

PAR FRANÇOIS VIDAL
Emporiki : l'arbre et la forêt

| 02/10 | 07:00 |

 

 

Plus de 8 milliards d'euros ! La facture de l'aventure grecque du Crédit Agricole est en passe d'être arrêtée. Elle ne devrait certes pas excéder les sommes déjà provisionnées, mais l'addition n'en est pas moins astronomique. A tel point qu'Emporiki restera comme l'un des accidents majeurs de l'industrie bancaire française, dépassé en importance par le seul scandale du Crédit Lyonnais et la faillite de Dexia. Une ampleur telle que l'on s'étonne que la Banque verte ait pu absorber pareil choc sans en être davantage ébranlée.

 

Pour le groupe, qui traînait cet investissement comme un boulet, l'heure de la libération approche - la réaction très positive de la Bourse hier en témoigne. Le temps de tirer les leçons aussi. Car s'il ne fait guère de doute que c'est l'effondrement de la Grèce qui a transformé un investissement malheureux en un gouffre financier, il n'en reste pas moins que cette tragédie est aussi le fruit d'une série d'« erreurs maison » faites au lendemain de l'acquisition, allant de choix managériaux malheureux jusqu'à une relance de l'activité à contretemps, en passant par un contrôle des risques insuffisant. Une recette dont on trouvait déjà certains ingrédients dans la déconfiture de Calyon, la banque de financement et d'investissement du groupe en 2008.

 

Il serait cependant trop simple de s'en tenir là. De faire de cette catastrophe le symbole des seules limites de la banque mutualiste, réputée incapable aux yeux de certains de ses concurrents de gérer autre chose que des agences bancaires dans nos belles provinces. Car, même s'il est unique par l'ampleur de ses pertes, le dossier Emporiki n'est pas un cas isolé. C'est aussi le symbole d'une époque. Celle des années 2004-2007 au cours desquelles les banques françaises ont cédé à l'euphorie qui prévalait alors sur la planète finance. En quête de relais de croissance, elles se sont lancé tambour battant à la conquête de nouveaux marchés supposés à fort potentiel. Pour, à l'arrivée, un bilan des plus contrasté. L'aventure ukrainienne de BNP Paribas s'est ainsi mal terminée, l'essai de la Société Générale en Russie reste encore à transformer et le développement en Afrique du Nord des uns et des autres n'a pour le moment pas été couronné de succès. Avec l'épilogue prochain du feuilleton Emporiki, c'est aussi cette période qui est désormais soldée.

Écrit par François VIDAL
Rédacteur en Chef Les échos.fr

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